Sud Caucase

Pâques, la Géorgie si belle, si fervente...

Publié le 27/05/2009 à 21:02, Kutaisi
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Et voici mes dernières vues d'un séjour en Géorgie inoubliable. Ce 19 avril restera gravé dans ma mémoire comme un jour de réél bonheur, vécu et ressenti par tous les géorgiens. 

J'étais invitée à fêter Pâques par la famille de mon amie Maka à Bagdati, un très joli village au pied des montagnes du Sud Caucase à 30 km de Kutaisi. On y fait un très bon vin, sec et fruité qui a fait son effet, je vous le garantis!

 

 

 

 

 

 

La ressurrection du Christ est palpable ici. Ils célébrent leurs morts, leur rendent hommage en apportant des offrandes (Paska, oeufs, vins, fleurs...). C'est l'occasion pour toutes les familles de se retrouver.

N'oublions pas que de nombreux géorgiens ont quitté le pays, souvent dans la clandestinité, pour aller gagner leur vie ailleurs. C'est aussi un hommage aux gens qui sont partis, qui sont déracinés (voir le film 'Les Racines' de Guéla Babluani).

Les défunts sont parfois immortalisés à taille réelle sur le marbre. Parfois on ne voit que leur visage, sorte de photographie reproduite sur la pierre. C'est surprenant.

 

 

 

 

Vin blanc d'Imérétie. Offrandes aux morts et mets préparés les jours précédents seront mangés en famille autour de la tombe. Les hommes boiront jusqu'à ne plus pouvoir, les chanteurs  et musiciens viendront honorer les morts et se requinqueront autour de chaque table familiale... C'est un moment où se mêlent respect et joie et on ressent très fortement cette mélancolie toute géorgienne qui se fond dans ces montagnes d'Imérétie baignées par les chants polyphoniques.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

A la caucasienne, Maka!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieu de culte dans la chapelle en ruine du cimetière (XXIIème siècle). Image presque paienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et plus loin, l'Arménie et la Turquie... merveilleuse Géorgie!


Le marché en effervescence avant Pâques

Publié le 30/04/2009 à 22:38, Kutaisi
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Si j'ai tardé à mettre à jour le blog c'est parceque j'attendais les célébrations de la Pâques Orthodoxe, fêtée par 80% des géorgiens. 

Les photos prises au Marché de l'avenue Chavchavadze à Kutaisi vous donneront une petite idée de l'animation locale (voir album photo 'marché' avec commentaires - lien à droite). Je vous parlerai ensuite du dimanche de Pâques que j'ai fêté au sein de la famille de Maka, ma collègue et amie.

Pendant la période de Pâques, les géorgiens sont vraiment en effervescence. Beaucoup d’entre eux, ont fait le jeun pendant 7 semaines (pas de viande, d’œufs, de produits laitiers et pour certains pas d’huile). Le vendredi saint, ils peuvent manger du poisson et le samedi, ils peuvent boire du vin. La messe a lieu le samedi à minuit et certains ne sont déjà pas en état de la suivre (évanouissements fréquents pendant le culte!).

Distribution de buis à la sortie des églises et dans les marchés, le dimanche des Rameaux (une semaine avant Pâques).

 

Le vendredi saint, les femmes cuisinent la patisserie notamment la fameuse 'Paska', petite brioche déposée en offrande sur les tombes (voir prochain article) mais c’est aussi le moment de teindre les œufs. Ces derniers sont cuits dans un volume d’eau remplie de pigments naturels et seront aussi déposés en offrande. Tout est fait maison. Les viandes sont préparées le samedi. C’est un boulot monstre!

  

Quelques jours avant Pâques, les familles achètent un poulet ou une dinde pour le traditionnel plat à la sauce aux noix, le fameux ‘Statsivi’ (qui se mange froid). On l’achète généralement vivant et on le tue soi-même. J’ai eu le loisir d’avoir une jolie poule multicolore enfermée dans un carton pdt 2 jours dans la salle de bain !!!

Le père de la famille chez qui je vivais m'a invitée à assister au 'sacrifice' du poulet et du lapin. J'ai poliment refusé. Je sais pourtant que les animaux n'ont pas souffert... et j'espère que les géorgiens continueront à célébrer ces traditions et qu'ils ne passeront pas au poulet congelé infecte élevé en batterie dont l'Europe se targue tant et pour lequel tant de fonds européens sont 'gaspillés!!! (Excusez cette parenthèse mais vivre ici permet de prendre du recul et invite à la réflexion...)

 

 

A l'époque soviétique, les géorgiens pratiquaient librement leur religion mais tout était conditionné par les Russes. Ils devaient par exemple se rendre au cimetière le dimanche. Aujourd'hui, ils sont libres de retourner à leur anciennes traditions (visite des cimetières le dimanche et de plus en plus le lundi). Des églises se construisent dans tout le pays. Les dons affluent de partout. L'exemple type est la cathédrale de Sameba à Tbilisi. Oeuvre gigantesque à l'image de la piété géorgienne.

La photo est en contre jour mais montre bien le type d'icones (images) en vente dans la rue.

 

 

 

 

 

 


La Soupra

Publié le 3/04/2009 à 21:03, Kutaisi
Mots clefs : vin

Je ne peux pas continuer ce blog sans vous parler de la fameuse 'Soupra' (banquet géorgien) où la nourriture et le vin abondent.

J'ai eu l'occasion d'assister à plusieurs de ces soupras, professionnelles ou familiales, mais celle qui m'a le plus marquée est celle que j'ai vécue chez les parents d'une amie, un week end début mars!

La Soupra est une tradition ancestrale en Géorgie. C'est l'occasion pour les gens de se réunir, de boire  et de manger (ici, il n'y a pas vraiment de bistrots alors tout se passe dans des restaurants destinés à la 'Soupra' ou au sein des familles.

En ce qui concerne la nourriture, toutes sortes de préparations délicieuses sont présentées sur la table mais, au final, les plats restent à 3/4  pleins. Encore un paradoxe géorgien! Peut-être que ce sont des mets 'divins'???

 

 

 

 

 

 

Les femmes se chargent de préparer les mets toute la journée.

La mère de famille servira les plats et sera rarement assise! Un homme en particulier ponctue la 'soupra' de toasts'. Ces toasts sont toujours adressés aux parents des convives ou à leurs frères et soeurs, à la mère très vénérée ici, et surtout à la paix et à Dieu. Chaque homme porte des toasts plusieurs fois même quand ils ont bien bu (il ne faut surtout pas le montrer!), les femmes doivent écouter, assises. Elles ne portent pas de toasts...

 

 

 

 

 

 

 

 

En tout cas, en tant qu'étrangère j'ai eu le droit à tous les égards! Quel moment!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Famille géorgienne

Pas de soupra sans vin!

Moi qui ne suis pas une adepte du vin, j'ai du faire de gros efforts pour ne pas froisser les susceptibilités des géorgiens, surtout en tant que française. La première fois que j'ai bu du vin géorgien, je n'ai rien compris!!! Je n'arrivais pas me familiariser avec ce goût improbable (si différent du vin français  mais avec le même degré d'alcool). Et puis, finalement, je le trouve délicieux. Il n'est pas aussi 'amer' que le vin français et pas plus sucré non plus. (Je sais que certains vont hurler avec le mot 'amer').Les géorgiens font du vin blanc , rouge et 'noir', sans aucun produits chimiques et de manière artisanale.

Chaque famille a des vignes qui courent dans les jardins . La production oscille entre 100/200 litres et 600 litres en moyenne par famille. De quoi couvrir les besoins annuels. Les géorgiens 'achètent' encore peu leur vin. Un homme boit entre 3 et 5 litres à chaque soupra, si c'est un 'katsouri katsi' = homme viril (loin des stéréotypes holywoodiens!).

Je vous invite à regarder l'album photo 'Cave géorgienne'.

J'essaierai de ramener quelques bouteilles!


Et un autre monastère, celui de Motsaméta, petite merrveille!

Publié le 29/03/2009 à 20:58, Kutaisi
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Le tourisme n'existe quasiment pas ici. Très peu d'infrastructures touristiques, pas de sentiersde randonnées.  Les routes étant en très mauvais état, le développement touristique est archaique malgré l'énorme potentiel du pays. Mais ca a tendance à évoluer.  J'espère qu'avec l'arrivée de touristes, l'hospitalité des géorgiens ne disparaîtra pas...

L'essentiel des visites est finalement dédié aux monuments religieux. Les femmes n'y rentrent pas en pantalon et doivent se couvrir la tête. Je me suis pliée aux règles...

J'ai trouvé Motsaméta, petit monastère surplombant une magnifique rivière et situé dans un écrin de verdure, encore plus beau que Guélati.

 

 

 

 

 

 

 

 

De nombreux religieux vivent ici (beaucoup de jeunes). Il y a beaucoup de vocations ecclésiastiques. Ceux qui vivent ici sont des moines noirs (ils n'ont pas le droit de se marier par exemple). les moines blancs eux, vivent souvent en ville et ont une famille.


Kutaisi

Publié le 29/03/2009 à 20:23,
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Voilà, ne vous attendez pas à des paysages grandioses, je n'ai pas le temps de m'éloigner de Kutaisi et de découvrir le pays malheureusement.  En attendant un week end à Ozourgueti et une virée à Batumi, la station balnéaire géorgienne, voici encore quelques vues de mes périples quotidiens sur le chemin du boulot ...

 

 

On ne voit pas bien sur la photo mais les bords de la rivière sont jonchés de sacs plastiques. Le pays en est couvert. Mauvaise gestion des déchets oblige... L'espace public est abandonné alors que les gens prennent vraiment soin de leur intérieur . Encore un paradoxe qui n'est d'ailleurs pas propre à la Géorgie.

 

 

 

 

 

 

 

Intéressant... Kutaisi n'est plus actuellement une ville 'dangereuse', le pays non plus d'ailleurs. Mais beaucoup de géorgiens vivant en Abkhasie (frontière avec la région d'Imérétie) ont été déplacés et accueillis ici à la suite du conflit en août 2008. Les esprits sont marqués. Les géorgiens profitent du moment présent car la situation pourrait se dégrader malgré tout (mais seulement dans cette région du nord ouest et en Ossétie du Sud).

 

 

 

 

 

 

 

Sur le chemin du boulot tous les matins... Faut avoir le moral!

 

 

 

 

 

 

 

Petite maison traditionnelle en bois. En voie de disparition...

 

 

 

 

 

 

 

Synagogues. Kutaisi abritait une forte communauté juive très bien intégrée. Au moins 80% de cette communauté est partie en Israel dans les années 90. Reste 2 synagogues, splendides mais un peu abandonnées



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